04 décembre 2008
Les devoirs
La directive de 1956 interdit les devoirs écrits.
Concrètement , les enfants (en ce qui concerne mes petits de l'APS) se voient réaliser des exercices du type : compléter des phrases à trous; relier des mots -sujet/verbe ; classer des nombres, écrire les nombres en lettres ... ou bien ; apprendre la leçon, une poésie, des mots de vocabulaire (pas plus de 10)... Ces tâches sont tout à fait à leur portée et réalisables en 15 minutes s'ils se concentrent un temps soit peu. Mais ce n'est pas toujours le cas. Néanmoins, je réalise souvent que ce sont les devoirs écrits qui prennent le moins de temps et d'énergie. En effet, apprendre une poésie peut s'avérer plus laborieux que de s'entraîner à écrire correctement 10 mots.
Petit tour des "pour" et des "contre" les devoirs. (Si vous avez d'autres avis enrichissants sur la question, n'hésitez pas, moult lecteurs, à laisser un commentaire !)
Pour le primaire :
Les "pour" :
A quoi servent les devoirs ?
> à acquérir une certaine autonomie : prendre son cahier de textes pour savoir ce qu'il y a à faire, lire des consignes courtes et simples seuls, y répondre le mieux possible sans le coup de pouce de la maîtresse (mais les parents sont là...) A être prêt pour le collège.
> à s'organiser : savoir où écrire les devoirs (fonctionnement d'un cahier de textes), penser à prendre les bons cahiers dans son cartable, utiliser les bons cahiers pour faire les devoirs...
> à réinvestir des connaissances déjà travaillées en classe et a priori en cours d'acquisition ou acquises.
Est-ce que la maître s'en sert ensuite ? A part l'explication préalable puis la correction, voire la validation par une récitation non évaluative, (je trouverais injuste de baser une évaluation sur des devoirs réalisés -ou pas, à la maison) la marge de manœuvre n'est pas bien vaste.
Les "contre" :
Les enfants ne sont pas tous accompagnés de manière égale à la maison. Certains parents ne sont pas disponibles, d'autres n'ont pas les capacités (ils parlent une autre langue par exemple). Les enfants subissent donc des inégalités devant le travail scolaire à fournir à la maison. De plus, les devoirs peuvent créer des tensions entre les parents et leur enfant quand ce dernier a le malheur de ne rien comprendre. Cela peut pousser l'enfant à éviter le travail scolaire pour ne pas se trouver face à l'échec ou à la déception des parents.
Les enfants ont déjà assez "donné" toute la journée, ils ont le droit de se détendre, de jouer, de rire... Après s'être concentré pendant 6h (voire plus, maintenant ! > certains n'ont parfois qu'1/2h de pause à midi car ils ont 1h de soutien...), ils doivent encore ressortir leurs neurones lessivés pour des exercices déjà abordés en classe.
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Cependant, une amie qui était remplaçante en CE2 l'année dernière a voulu respecter la loi et ne pas donner de devoirs écrits à faire à la maison. Les parents l'ont rapidement prise pour une laxiste, une petite nouvelle sans exigence... et elle s'est alors soumise à leurs pressions pour être prise au sérieux (aurait-elle dû leur tenir tête ? Possible...). L'idée que les devoirs écrits sont un gage de réussite pour l'enfant est bien ancrée dans la tête des parents, et ce sont finalement les premiers à en réclamer.
Du côté des enfants : observons leur attitude face au cahier de texte (pour certains, c'est déjà toute une histoire pour trouver où ils les ont écrits ^^).
> Les "bons" (les studieux, les grosses têtes) s'y mettent sans rechigner : le plus vite et le mieux c'est fait, le plus vite je peux faire autre chose.
> Pour les autres (en gros, les 3/4) : c'est une autre affaire : ils traînent, râlent, se cherchent des excuses, rabâchent des "je les ferai après", "on n'a pas de devoirs", "j'ai déjà tout fait en classe" ou bien se créent des obstacles avant de s'y mettre (il faut tailler le crayon, suuuuuper bien former les lettres, se recoiffer, ranger son cartable...). On comprend donc vite que leur comportement peut être une source de conflit avec des parents fatigués qui rentrent du boulot...
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Et moi, qu'en pense-je ??? Mon coeur balance entre le pour et le contre. Je crois que je me situe entre les deux, étant donné que je comprends autant les premiers que les seconds ! Maigre conclusion, mais chaque soir, j'oscille entre l'un et l'autre quand je suis à l'aide aux devoirs...
12 octobre 2008
What else ?
Et si...
malgré toute la motivation, tous les encouragements...
malgré le fait que je pense que ce métier est ma vocation et qu'aucun autre ne me satisferait autant...
malgré trois années de sacrifice à ne penser que par ça...
Si malgré tout ceci, j'échoue ? Cette année est ma dernière à préparer le concours. J'aurais déjà passé trois ans de ma vie à m'acharner dessus. Trois ans à stagner. Ce n'est rien par rapport à certain-e-s qui en sont à leur 6è ou 7è tentative comme je l'ai observé sur des forums. Mais tout de même, trois ans, c'est beaucoup quand le monde tourne et avance sans vous. Travailler 3 ans d'arrache-pied et n'avoir rien en retour (sauf de la dense connaissance), des années qui ne débouchent sur rien : pas d'argent, pas de diplôme, pas de reconnaissance, pas vraiment d'expérience.
Je pourrais faire des sacrifices et m'éloigner de ma Bretagne, des gens que j'aime, aller dans une contrée lointaine et me reconstruire concours en poche (j'aurais pu l'avoir dans tant d'académies cette année...tellement). On ne peut donc pas être exigeant...? C'est soit la vie amoureuse, soit la vie professionnelle ? Et si je veux les deux ? Si je ne veux pas être qu'à moitié heureuse, comment faire ? Ces questions paraissent tellement dérisoires quand je pense à ces couples qui ont décidé de passer quelques années séparés pour gagner des points d'ancienneté et se retrouver ensuite. Quelle patience ils ont ! Quel courage de passer le pas ! Est-ce que je tiens assez à ce métier pour mettre ma vie personnelle entre parenthèses ?
Que faire alors ? J'ai toujours pensé que ce serait mon métier et je n'ai jamais imaginé autre chose. La théorie de l'échec, du mur, de l'impasse ne s'était pas dessinée dans mon esprit borné. Je veux, j'aurai. En plus, le fait de savoir que mon entrée sur le marché du travail correspondait au départ en retraite de très nombreux fonctionnaires baby-boomers m'avait motivée plus que jamais.
Et maintenant...il me faut trouver une vocation de secours...au cas où. Ou du moins un métier qui pourrait m'épanouir, avec lequel je me sentirais utile. Avec une licence d'anglais, que pourrais-je faire ? Recommencer d'autres études, un an ou deux ?
J'en parle comme si ces trois ans étaient révolus, mais la troisième année est à peine entamée, j'ai encore une chance pour franchir la montagne ! Allez, haut les coeurs !
17 juillet 2008
War cry
Cette année, enfin, depuis que nous sommes en 2008, nous nous répétions une sorte de cri de guerre avec quelques amis qui passaient également le concours... Préparez-vous bien à le lire, et surtout à le dire, vos oreilles vont se délecter...!
Deux-mille huit, l'année de la réussUite !
Bon, je vous l'accorde, la rime n'est pas riche du tout du tout, je dirais même qu'elle est un peu foireuse. C'est sans doute pour cela que je ne l'ai pas eu d'ailleurs.
Alors cette année, j'ai un cri de guerre à tout casser, concocté par moi-même ! Non seulement la rime est splendide, mais en plus sa prononciation est un entraînement à la langue de Shakespeare et c'est un message plein de conviction (parce que "2008, année de la réussUite"...excusez-moi du peu, mais je n'y croyais pas tant que ça, c'est vrai !).
Roulements de tambour...
Two thousand and nine is all mine !
(yeah baby)
16 juillet 2008
Introduction
Mon père sait bien raconter ses histoires. C'est qu'il en a beaucoup à raconter et elles sont intéressantes aussi. Il y met de l'intensité, nous tient en suspens, décrit le lieu, la chaleur, la musique. Il en rajoute sans doute un peu mais au final, nous sommes portés d'une péripétie à l'autre, excité par des événements qu'on a la sensation de vivre.
Ces deux dernières années, je les ai passées assise à mon bureau, sous la lueur de ma petite lampe orange, penchée sur le Hatier Histoire-Géographie majeure ou le Tavernier SVT ; m'escrimant contre des triangles rectangles avec mon compas et ma géorègle ; m'évertuant à faire et refaire des synthèses de français en deux minuscules heures... et bien d'autres activités ludiques et tout aussi trépidantes ! Autant dire que mes histoires à moi n'étaient pas passionnantes et que mes nouvelles fraîches avaient un vague parfum de réchauffé :
"Alors, quoi de neuf du côté de chez toi ?
- Ben en ce moment, je passe pas mal de temps en compagnie de Pythagore et de Louis XIV ! Le premier est barbant, le second est terrible...comme avant-hier...
- Ah..." = fin de la conversation.
Même si je me sais capable d'en raconter, ces deux années n'ont pas été les plus garnies de ma vie en événements dignes de l'être. Je trouve intéressant d'apprendre beaucoup de choses ; en me cultivant, j'ai l'impression de m'ancrer dans une nouvelle réalité. Mais comment rendre ceci intéressant quand globalement ressasser, bachoter, répéter vous frustre ? Quand, finalement, vous vivez pour avoir un concours et vous oubliez que vous le faites aussi (par dessus tout) pour être professeure des écoles ? Le concours devient l'objectif, obsédant.
Bien sûr, j'ai une vie personnelle, des centres d'intérêts, un amoureux, des amis. Je sors, je vois du monde, je m'active comme je peux. Mais ce concours a la faculté de nous ronger jusqu'à ce que seule la culpabilité nous guide... et elle ne nous guide pas bien loin ! Au bureau, au trot ! Je dis "nous" mais évidemment, ceci dépend du caractère de chacun. Il faut croire que le mien est programmé pour vivre cette situation de manière désagréable. Et nous sommes un certain nombre à être dans cette situation... Que ce qui sont dans la place lèvent le doigt ! (air connu)
J'ai aimé les études, maintenant, je veux aimer mon métier d'enseignante. Je me sens faite pour ça. Quand je suis dans une classe, je me sens vivre, investie d'une mission primordiale, avec des petits hommes qu'on prend à un point A et qu'il faut mener au point B quoi qu'il arrive. C'est un défi que je me sens prête à relever. Alors, donnez-moi ce concours, chers inspecteur, prof d'arts pla, conseillère péda ! Dites-moi OUI !
Il ne faut pas que je pense de trop à cette idée. Elle ne ferait qu'obscurcir le tableau. L'idée que je passe une troisième année à faire la même chose, je veux dire : préparer ce fichu concours. Je n'ai jamais redoublé au cours de mon cursus scolaire alors l'idée de tripler s'avère difficile à encaisser.
Mon objectif cette année est donc bien évidemment d'avoir enfin le CRPE (en Bretagne si possible). Mon sous-objectif (ça y est, les réflexes m'assaillent !) est de le préparer d'une manière différente des deux dernières années. Exit la rengaine !
Auto-biographie expresse de ces deux fameuses années :
J'ai passé ma première année en PE1, j'y ai suivi tous les cours, j'ai bossé intensément tous les soirs et les weekends pour suivre le rythme de la prépa. Ma note des écrits ne m'a pas permis d'aller au-delà : 94,5 pts, et il en fallait 98.
Lors de ma deuxième année de PE1 (j'ai eu la chance de redoubler), je n'ai suivi que les cours de maths et de français, ainsi que les préparations aux oraux. Les heures libérées m'ont permis de travailler différemment et efficacement, ce qui m'a permis d'accéder aux oraux cette fois, mais pas à l'admission : 176 pts, et il en fallait 186,5.
Apparemment, j'ai développé un style en deux ans. Le style de la fille qui y arrive presque mais pas encore tout à fait. Rassurant, la prochaine étape est celle de l'admission...

